Başak Saraç-Lesavre

  • Presentation

Başak Saraç-Lesavre a reçu en 2015 son doctorat en socio-économie de l’innovation au CSI. Basée sur une enquête de trois ans, sa thèse a traité la valorisation comme un processus à la fois continu, constructif et contesté. Elle a abordé cette question théorique au travers de l’étude d’un objet de valorisation complexe : le traitement des déchets nucléaires aux États-Unis. Elle s’est appuyée sur l’étude d’une série de situations où la formulation des valeurs du nucléaire a posé problème. Ce sont, notamment, l’ordonnancement et les vicissitudes du processus budgétaire mis en œuvre pour financer le programme de gestion des déchets nucléaires nord-américain, les plans conçus pour répartir la responsabilité financière dans le traitement d’un matériau qui selon toutes prévisions restera dangereux pendant un million d’années, les efforts d’un groupe d’acteurs pour attacher l’avenir de leur communauté à celui des déchets nucléaires, ainsi que les utilisations d’une convention pour estimer la valeur ‘économique’ du combustible usé. La thèse a montré que les processus de valorisation et dévalorisation sont loin de se limiter à l’objet soumis à évaluation ; ces processus rendent d’autres valeurs explicites, les valeurs de  ‘l’État’, d’une communauté politique, d’une convention économique.

Depuis juillet 2016, elle est post-doctorante au CSI. Elle enquête sur les efforts pour harmoniser la sûreté nucléaire au niveau européen au travers d’une étude de cas des ‘stress-tests’ nucléaires qui ont été mis en place dans la période post-Fukushima. En considérant ces tests comme des instruments de politique publique en train de se faire, elle questionne la manière dont les efforts pour harmoniser les pratiques de sûreté nucléaire européenne mettent à l’épreuve la légitimité démocratique d’une communauté régionale ainsi que la souveraineté de ses ‘États’ membres et explore comment cette légitimité se construit dans divers sites (des arènes réglementaires, politiques ou d’expertise).