Marie Alauzen

Chercheuse associée


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Marie Alauzen a soutenu le 18 octobre 2019 une thèse au Centre de sociologie l’innovation sous la direction de Fabian Muniesa. Son travail de doctorat intitulé « Plis et replis de l’État plateforme. Enquête sur la modernisation des services publics en France » porte sur les transformations de l’interface entre l’État et la société politique, telles que saisies, entre 2014 et 2017, dans les projets de modernisation de l’État du Secrétariat général de la modernisation de l’action publique. Son étude de la modernisation « en train de se faire », dans les tâtonnements des chefs de projets de cette administration de mission dépositaire du mandat de réforme de l’État sous François Hollande, rend compte de plusieurs phénomènes conjoints. Elle décrit une sociologie du travail modernisateur faite de mini leaders, organisés autour d’une profusion de projets, dans une ambiance de camp d’entraînement que l’on s’attendrait peu à retrouver dans les couloirs des administrations et qui laisse place à de nombreux échecs ou replis des projets lancés. Elle caractérise le contenu donné à une réforme qui s’opère sans plan d’ensemble ni grande ligne idéologique, mais se réalise quotidiennement dans une faculté à décider et dans la stabilisation de techniques et savoirs de gouvernement issus du design, de l’informatique, des sciences comportementales ou encore des sciences sociales. Ce que montre la thèse est que l’État modernisé et les citoyens-usagers en recomposition sont notamment façonnés par une relation homme-machine soucieuse de la qualité ergonomique et de la lisibilité des interfaces, par un certain goût pour l’expérimentation ou encore par un souci de ce qui s’appelle désormais la souveraineté numérique.

Parmi les projets retenus dans l’enquête, la technologie d’identification FranceConnect a permis à Marie Alauzen d’ouvrir un chantier de réflexion sur l’identité numérique qu’elle mène maintenant au sein de la Chaire identité numérique responsable de Télécom Paris dans le cadre d’un contrat postdoctoral. Elle organise avec Valérie Fernandez, Laura Draetta et Fabian Muniesa un groupe de travail de l’Observatoire pour l’innovation responsable sur ce sujet et réalise une étude de controverse sur une autre technologie d’identification des personnes physiques, nommée Alicem.

Avec Jérôme Denis, David Pontille et Didier Torny, Marie Alauzen contribue également au projet de recherche en anthropologie de l’écriture, Scriptopolis.