Félix Talvard

Doctorant




  • Présentation



Titre de la thèse : Les expérimentations urbaines des eco-cities et des smart cities dans la mobilité, l’énergie et les infrastructures.

Sous la direction de David Pontille

Le monde supportera 2,5 milliards d’urbains en plus en 2050. Si l’avenir des villes est la croissance (économique et démographique), mais une croissance meilleure et maîtrisée, où s’inventent les moyens technologiques et politiques d’y parvenir ? L’objet de cette thèse est l’innovation urbaine dans les projets de villes « intelligentes » et « durables », prise à travers la mobilité et les transports. De Masdar à Songdo en passant par Barcelone ou Rio, des acteurs multiples expérimentent avec de nouvelles manières de gérer les flux des villes. La mobilité urbaine était déjà au cœur des projets d’eco-city formulés à la fin des années 1980. Plus récemment, les technologies numériques mais aussi des savoirs et des techniques issus de l’architecture, de l’urbanisme, de l’ingénierie et de la finance ont inspiré l’idée d’une smart city. Mais l’absence de définition précise rend ces catégories difficiles à incarner. Pour faire sens de ces transformations, la thèse s’intéressera aux dispositifs expérimentaux qui visent à mettre à l’épreuve de nouveaux objets (véhicules électriques, connectés ou autonomes) et de nouveaux usages (mobilité partagée, mécanismes d’incitation, nouveaux rapports à la propriété) dans des sites imaginés comme des laboratoires.
 
En leur sein, on ne teste pas que des innovations technologiques, mais aussi des options économiques, éthiques ou juridiques. On y observe également de nouvelles modalités d’intervention des entreprises privées dans la vie publique et l’élaboration de modes de participation des habitants. Il s’agit donc de décrire comment l’ordre social et politique des villes est transformé par ces expériences : ces projets sont aussi des démonstrations publiques, parfois contestées, toujours politiques – et il n’est pas toujours aisé de distinguer expérimentateurs, publics et sujets de l’expérience. Malgré l’enthousiasme qu’elles suscitent, nombre de ces initiatives ont donné lieu à des controverses : sur la privatisation de l’espace public ; sur la collecte et la propriété des données ; sur l’accroissement des inégalités de richesse et d’accès à un environnement sain, par exemple. Prendre le sujet par les expérimentations urbaines devrait permettre d’éviter deux récits caricaturaux : l’un présentant la smart city comme panacée démocratique et solution technique universelle ; l’autre dénonçant les villes « intelligentes et durables » comme une utopie techniciste et toujours fondamentalement inégalitaire.