Mathieu Baudrin

Doctorant




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Titre de la thèse : Historiciser la réflexivité industrielle : les aérosols et la couche d’ozone (1974-2014)

Sous la direction de David Pontille

En un demi siècle, la bombe aérosol, une technologie militaire considérée à la fois comme dangereuse et luxueuse, est devenue un objet de consommation de masse. Son usage entre désormais dans des pratiques industrielles et domestiques stabilisées. L’aérosol est un objet technique composite simple : un gaz propulseur, une formule, un boîtier, une valve et une étiquette. Ces cinq éléments se combinent, créant ainsi la diversité des aérosols à usage industriel ou domestique. Cette simplicité apparente en fait un cas d’étude exemplaire. Au travers de son caractère hybride « d’emballage-packaging technique », l’aérosol met en relation des ensembles d’acteurs qui varient selon que l’on s’intéresse au contenu ou au contenant.
La thèse vise à mieux comprendre comment une industrie complexe et distribuée se reconfigure, s’organise et se maintient, au fil d’une succession de controverses entourant l’objet de sa production. L’approche consiste à étudier, à partir de matériaux historiques et ethnographiques, les controverses sanitaires et environnementales que cette technologie de grande consommation a traversées entre 1950 et aujourd’hui (notamment autour des CFC). Le principal enjeu de cette recherche est de contribuer à l’analyse des intermédiaires marchands, avec l’ambition d’apporter un éclairage inédit sur les modes de régulation et les formes lobbying propres aux marchés de masse.